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Muséum National d’Histoire Naturelle : un des plus grands herbiers du monde à Paris

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Jardin de Plantes
Photo: Karine Alix
Exhibition in the Botany Building
Exposition au bâtiment de Botanique. Photo: Karine Alix

C’est au 17ème siècle que fut créé le Jardin des Plantes de Paris, dans un but premier de conservation de plantes médicinales, à une époque où médecine et botanique étaient alors indissociables. Cette vocation à conserver les plantes a perduré à travers les siècles : devenu un centre de recherche scientifique reconnu, le Muséum National d’Histoire Naturelle héberge l’un des plus importants herbiers au monde.

Nous avons eu la chance, moi et mes étudiants d’AgroParisTech et de l’Université Paris-Saclay, de passer la porte du bâtiment de Botanique pour accéder au fameux herbier du MNHN. C’est Florian Jabbour, Maître de Conférences au MNHN, qui nous a gentiment guidés au travers des étages de ce véritable catalogue de la biodiversité végétale, passée et présente. Ici sont conservées les collections, entre autres, de Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), Alexander von Humboldt (1769-1859) et Aimé Bonpland (1773-1858). Je laisse mes étudiants vous présenter, dans l’article qu’ils ont écrit à l’occasion de cette visite, quelques-uns des secrets de ce merveilleux lieu scientifique et historique.

Karine Alix, Maître de Conférences à AgroParisTech.
ORCID 0000-0002-8133-0743

Une visite à l’herbier du Muséum National d’Histoire Naturelle du Jardin des Plantes de Paris

par Anastasia-Diane Agouros, Célestine Belloeil, Charlotte Bourgoin, Betty Debourg, Florian Deligne, Mégane Grondin et Amandine Laigle

Un herbier est une ressource importante de données pour la recherche. C’est aussi un instrument d’apprentissage en botanique. La collection de botanique du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris abrite environ 8 millions de spécimens dont 6 millions de plantes à fleurs. La plupart de ces plantes à fleurs viennent de France, des territoires d’outre-mer, d’Europe et des anciennes colonies françaises. Les plus vieux spécimens datent du milieu du 16ème siècle mais la majorité des espèces regroupées au Muséum ont été récoltées après le 18ème siècle.

Comment les collections sont-elles conservées ?

Spirit collection
Collection conservée en alcool. Photo: Mégane Grondin

La plupart des collections sont conservées sous forme de planches d’herbiers mais certaines sont rangées dans des enveloppes ou dans des flacons avec de l’alcool lorsque la conservation 2D du spécimen n’est pas possible. En plus des collections de plantes, on trouve des textes souvent anciens, précieux pour l’investigation botanique. On trouve une carpothèque : ce sont des fruits séchés et une xylothèque qui sont des échantillons de bois et de fibres. Pour élaborer une planche d’herbier il faut s’assurer d’avoir un papier non acide, des bandes adhésives et une plante séchée à l’étuve. On y joint une étiquette précisant la localité de la récolte, le nom du collecteur et le numéro de récolte. Aujourd’hui, une attention toute particulière est portée aux techniques de conservation afin de préserver la structure moléculaire de l’ADN pour les futures analyses génétiques. Les Angiospermes sont classées sous le format APG IV (Angiosperm Phylogeny Group 2016, https://doi.org/10.1111/boj.12385) en plusieurs familles distinctes selon leur position phylogénétique. Dans chaque genre, on retrouve toutes les régions géographiques où il a été récolté. Au sein de chaque région, les espèces sont classées par ordre alphabétique.

Comment l’herbier est-il organisé ?

Open Cabinets.
Casiers ouverts. Photo: Mégane Grondin

Pour préserver au mieux cette immense collection, l’herbier est réparti sur quatre étages comprenant quatre salles chacun. Les collections sont conservées à 19°C et à l’abri des rayons UV. Une grande précaution est montrée à l’égard des insectes, afin d’éviter que des ravageurs n’abîment les planches. Ainsi, des fumigènes sont parfois utilisés contre les ravageurs. C’est entre autres raisons pourquoi les casiers où sont stockés les échantillons sont ouverts en permanence.

Qui est à l’origine de ces collections ?

Herbarium Specimen
Collection Jean-Jacques Rousseau. Photo Mégane Grondin

Les collections présentent des origines diverses. La plupart d’entre elles sont réalisées par des équipes de scientifiques qui partent en mission. D’autres parties de la collection peuvent provenir de dons de particuliers ou alors des travaux de personnes célèbres. Le Muséum National d’Histoire Naturelle possède, par exemple, les collections du botaniste Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) ou du philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712-1778). Une partie de cette dernière est exposée au public dans l’exposition du bâtiment de Botanique.

Les collections de botanique du Muséum National d’Histoire Naturelle sont présentées sur la page web suivante : http://www.mnhn.fr/fr/collections/ensembles-collections/botanique. Les collections de plantes vasculaires de l’Herbier de Paris sont accessibles en ligne sur la page web suivante : https://science.mnhn.fr/institution/mnhn/collection/p/item/search/form?lang=fr_FR